Dany Laferriere
est né à Haiti où il a travaillé comme journaliste contre la direction
de Duvalier. Lorsqu'un collègue fut assassiné au bord de la route,
Lafferière s'est exilé au Canada. Son premier roman publié au Canada
fut How to make love to a negro. Ce livre s'est placé sur la
liste des best-sellers internationale. Son dernier roman est Pays
sans chapeau. Il partage sa vie entre Montréal et Miami.
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Je
ne suis pas noir! |
Dany Laferrière au Cégep Vanier |
Véronique Bacha, étudiante
(602-HSC-09
Regards sur les sciences et le commerce)
La
salle s’est complètement tue lorsque Dany Laferrière a fait cette
affirmation d’un ton dur et certain. On se regardait dans les yeux
sans vraiment comprendre ce qui arrivait. Hier, je me suis retrouvée
devant un écrivain haïtien reconnu à travers le monde. J’ai appris à
connaître l’homme et non l’image de Dany Laferrière.
D’abord, qui est-ce, Dany Laferrière ? C’est un immigrant haïtien qui
a immigré au Québec en 1976. Après l’assassinat de son meilleur ami,
il a réalisé qu’il ne pouvait plus vivre dans une telle situation
socio-politique en Haïti. Son premier livre publié s’intitulait
«Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ?» C’est un
livre qui l’a mis sur la scène mondiale. Il en a écrit plusieurs
autres pendant les années suivantes. Maintenant, ses livres sont
étudiés par des centaines d’universitaires à travers le Québec. Dany
Laferrière: un homme avec du talent.
Deuxièmement, quand il est arrivé ici, pour la première fois de sa
vie, Dany Laferrière a ressenti la discrimination à travers ses
collègues ou ses voisins. Il expliquait qu’en Haïti, tout le monde est
noir, donc, inévitablement, il n’y a pas de discrimination contre les
noirs là-bas. Le message qu’il voulait qu’on comprenne c’est que la
couleur de peau, notre nationalité, etc. étaient tout simplement des
catégories dans lesquelles les gens en général aimaient nous placer.
Les gens aiment le contrôle et c’est ça qu’ils essaient de faire avec
tout leur entourage. «Il faut toujours s’expliquer, c’est fatigant. »
Il ne veut pas être étudié dans les universités en tant qu’un écrivain
noir, mais plutôt en tant qu’écrivain tout court. L’écriture est une
façon de créer un univers à nous et on veut partager cet univers avec
le monde. Ce cosmos imaginaire n’est pas la création d’une race, d’une
nationalité ou d’une couleur de peau ; c’est tout simplement la
création d’une personne.
Bref,
Dany Laferrière est un homme qui sait qui il est et qui assume sa
place dans le monde. Un homme qui comprend ce que la vie a à lui
offrir. Quand il est venu ici, il a réalisé qu’il était différent.
Maintenant, il réalise qu’on est tous de la même racine.
Présentement, il est 10 heures 42, c’est à mon tour de commencer à me
retrouver à travers mes yeux et non à travers ceux d’autrui.
Un soupçon de Dany Laferrière?
Aliké Harel, étudiante
(602-103-03 Culture française et littérature)
Certaines personnes ont cette facilité à disperser la brume devant nos
yeux. Dany Laferrière est parmi celles-ci. Son discours de mercredi,
le 26 février à l'amphithéâtre du Cégep Vanier, nous amène à être la
fois plus près de nous-mêmes et plus conscients de notre monde. Il
parle comme s'il discutait avec chacun de ses auditeurs en particulier
et il a sûrement poussé plusieurs d'entre nous à réfléchir.
Il
a transcendé la couleur de la peau, l'origine, le sexe, le statut
social, et même les ressentiments du passé, bref tout ce qui forme les
stéréotypes. Il croit qu'à un moment donné, chaque individu doit
s'arrêter et se demander: «En dehors de tout, qu'est-ce que je fais
dans la vie?» Quand on n'est pas au travail, à l'étude, avec des amis
ou en amour, qu'est-ce que l'on fait de notre vie? C'est si personnel
et étourdissant comme question!
On
voit le monde où tout est vaste et relatif et il est difficile de
s'orienter. Selon M. Laferrière, nous sommes tous dotés d'une énergie
créatrice qui nous pousse soit à devenir médecin, écrivain, peintre ou
comptable. Comme quoi nous pouvons tous avoir un but, une passion et
nous accomplir.
Il
a terminé son discours en abordant le sujet de la politique mondiale
et en expliquant qu'en fait, chacun de nos engagements sociaux a une
répercussion non négligeable dans l'orientation de la politique
mondiale. À chacun sa passion, à chacun sa philosophie, à chacun sa
réalité.
La force de notre énergie intérieure
Vanessa Pietraroia, étudiante
(602-HSC-09
Regards sur les sciences et le commerce)
Hier,
durant la pause universelle, j'ai assisté à la conférence de Dany
Laferrière. Tout au long, je suis restée très intéressée par ce dont
il parlait. D'ailleurs, il a abordé certains sujets qui m'ont frappée
et m'ont fait réaliser à quel point l'humain est superficiel et
égocentrique...
Lorsqu'il a commencé à parler du pourquoi il est devenu écrivain, il a
expliqué aux spectateurs que c'était grâce à une énergie intérieure
qui le motivait et le poussait à écrire. La description de cette
énergie quasi magique m'a tout à fait impressionnée puisqu'il pense
sensiblement la même chose que moi, c’est-à-dire l’importance d’avoir
une vie spirituelle. Je suis (je trouve) assez spirituelle en tant
qu'individu et j'accorde une très grande importance à conserver ce que
je suis et ma raison d'être. M. Laferrière s'est penché davantage sur
l'explication de notre énergie intérieure. Il a poussé la
signification de celle-ci à la base de tout ce qu’on fait et croit ;
c'est-à-dire, le métier que l'on choisit, les jugements que l'on porte,
nos croyances, etc. À vrai dire, je réalise comment, pendant toutes
ces années, j'ai été leurrée en pensant que mon énergie servait
seulement à motiver ma religion et mes croyances!
M.
Laferrière a aussi touché un peu le thème du racisme. Il a expliqué
comment lui, en tant que Haïtien, ne pouvait rien faire pour cette
cause puisqu'il ne peut être à la fois «la maladie et le remède», ce
qui fait tout à fait du sens! Il s'est aussi présenté comme Haïtien
et non comme noir. Sa croyance est, en relation avec l'énergie
intérieure, qu'il n'y a pas de race. L'énergie que l'on possède est
universelle, sans couleur, sans statut, bref, sans différences. Cela
m'a fait énormément réfléchir hier soir: si le monde ne se percevait
pas comme des «catégories» de personne, que ça soit par échelle
hiérarchique ou tout simplement par la couleur de la peau, il n'y
aurait pas de préjugés, de stéréotypes ou de séparations à l'intérieur
de nos sociétés. Si on avait une vision plus spirituelle des
réalités, sans être nécessairement religieux, il y aurait, sans doute,
moins de pressions négatives autour de la Terre.
J'espère que cette conférence a pu «réveiller» certaines personnes.
Ce que Dany Laferrière communiquait hier était stimulateur et
impressionnant et, pour moi, révélateur. Il faut retenir qu’être
soi-même et se trouver un but dans la vie sont poussés par cette
petite voix intérieure que l’on peut seulement entendre si on est
familier avec notre côté spirituel.
Alors, tout ce qui me reste à faire maintenant est d'aller acheter un
de ses livres...
Être soi-même
Réflexions inspirées de la conférence
Hau Nguyen, étudiante
(602-HSC-09
Regards sur les sciences et le commerce)
Depuis l’enfance, nous cherchons inlassablement notre rôle dans la
société. La recherche de soi est une quête qui nécessite souvent toute
une vie. Il n’est donc pas étonnant que des adolescents se posent
encore la question : ça veut dire quoi exactement être soi-même? Pour
comprendre cet objectif important de notre vie, il faut le définir
avant d’en discuter les principes : la découverte de soi et
l’authenticité face à soi.
Tout d’abord, penchons-nous sur ce que veut dire être soi-même.
D’après moi, c’est avant tout s’accepter tel que l’on est, vivre et
s’accomplir en restant authentique. En d’autres termes, c’est être
fidèle à nos valeurs, croyances et choix personnels. Bien sûr, il faut
d’abord découvrir ce qui nous est propre, c’est-à-dire savoir faire la
différence entre les valeurs personnelles et celles véhiculées par la
famille ou l’entourage. On doit donc traverser une multitude
d’expériences ou de réflexions afin de découvrir cet être particulier
qui se cache trop souvent craintivement en nous. De plus, il faut
parfois se redécouvrir, ce qui signifie changer sa perception ou même
ses convictions. En effet, plusieurs doivent passer une grande partie
de leur vie sous des masques que leur impose parfois la société. Ceci
se reflète beaucoup dans l’habillement des jeunes, dont le style peut
varier extrêmement rapidement. Ainsi, apprendre à être soi-même
commence par la découverte et l’acceptation de soi.
Après la découverte de soi, il reste le plus difficile : savoir
demeurer soi-même. Rester fidèle à nous-mêmes est une tâche
fastidieuse pour parvenir à l’accomplissement personnel. C’est
pourquoi il faut avoir le courage de s’affirmer en tant qu’être unique
dans la société. Effectivement, les préjugés, la peur de ne pas plaire
aux autres font partie des maintes raisons pour lesquelles les gens
n’osent pas rester eux-mêmes. Évidemment, il faut savoir se comporter
et vivre convenablement en société. Toutefois, ça ne veut pas dire
laisser celle-ci influencer nos propres choix et visions. C’est un
principe qu’on oublie souvent d’enseigner aux jeunes qui, confrontés à
leur choix de carrière, regardent ailleurs alors qu’ils devraient
commencer par une introspection. Il est vital de prioriser nos
passions et intérêts plutôt que le prestige ou toutes autres raisons
pour lesquelles nous nous négligeons. Ainsi donc, rester soi-même face
aux événements de la vie reste la meilleure façon de parvenir à nos
buts personnels.
Somme toute, être soi-même, s’accepter et se réaliser commencent par
une découverte de nos valeurs et convictions. Pour une vie accomplie,
il faut alors savoir rester authentique et fidèle à soi. Peut-être
est-ce la seule façon de ne pas se perdre dans une société aussi
moderne que la nôtre, où tout est basé sur le «look», l’apparence et
le prestige.
Encore !
Dragana Lazici, étudiante
(602-102-03 Langue française et culture)
C’était un mercredi midi. Un mercredi hivernal et l’amphithéâtre était
bondé de jeunes gens. Tous s’étaient installés et aucun recoin n’était
vide. Lorsque j’arrivai, quelques minutes plus tard, je n’eus d’autre
choix que de m’asseoir à terre en indien. Dany Laferrière parlait et
tous écoutaient. J’avais auparavant écouté des émissions où il était
interviewé et, aujourd’hui, c’était aussi intéressant qu’à la
télévision. Non, beaucoup plus car on pouvait poser des questions. Il
nous donna son impression sur la guerre et sur tous les sujets qui
surgirent de sa tête.
J’ai toujours apprécié l’opinion des écrivains, moi qui adore lire. Ce
grand bonhomme sympathique nous a fait bien rire à plus d’une reprise.
Ce fut un midi plaisant qui aurait dû se faire dans une plus grande
salle et avec un microphone de qualité, mais avec un auteur distrayant
comme Dany dans la salle, tout cela fut oublié.
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